Régionaliser l’enseignement ? Une manœuvre pour définancer et rapprocher l’enseignement des besoins du marché

Jean-Claude Marcourt a affirmé hier vouloir régionaliser l’enseignement. En réalité : découper l’enseignement francophone entre la Wallonie et les francophones de Bruxelles. « Nous contestons vivement cette prise de position parce qu’elle est à l’exact opposé des besoins actuels des écoliers et des étudiants », déclare Aurélie Decoene, présidente de Comac.

« De manière générale, nous sommes favorables à ce que l’enseignement soit une compétence nationale, ce qui impliquerait une refédéralisation. Etonnant ? Pas quand on sait que la communautarisation de l’enseignement a servi d’écran de fumée à un définancement massif de l’enseignement », poursuit Aurélie Decoene. Cela a conduit à un sous-financement dramatique. « Aller plus loin dans ce fédéralisme de l’austérité en régionalisant l’enseignement ? Non merci. En période de crise, il faut au contraire investir dans l’avenir des jeunes et donc investir massivement dans l’enseignement », indique Aurélie Decoene. Pour cela, Comac se bat avec le PTB pour l’instauration de la taxe des millionnaires qui rapporterait 8 milliards d’euros, dont une partie serait consacrée à l’enseignement.

De plus, le Ministre Marcourt prétend que régionaliser permettrait de mieux répondre aux besoins locaux. « Vraiment ? On peut sérieusement en douter, lorsqu’on voit ce que la communauratisation a eu pour conséquence, en faisant exploser les inégalités entre l’enseignement francophone et néerlandophone », indique Aurélie Decoene. « Et cet argument n’a de toute façon aucun sens : en quoi une politique communautaire empêche-t-elle de prendre en compte les besoins spécifiques de Bruxelles ou de la Wallonie ? Si des spécificités locales doivent être prises en compte, c’est en y accordant des moyens adaptés et spécifiques, non en divisant toujours plus les compétences. »

« Le financement de l’enseignement n’est pas notre seul objet d’inquiétude », ajoute Aurélie Decoene. « En effet, la tentative du Ministre Marcourt semble par ailleurs d’instrumentaliser l’enseignement au bénéfice des entreprises. En tant que ministre wallon de l’Economie et père du Plan Marshall, il pourrait ainsi plus facilement adapter l’enseignement aux besoins des patrons wallons. Cette volonté existe déjà dans le chef du Gouvernement wallon, notamment via l’instauration de la certification par unités, instaurée par la Ministre Simonet. »

Aurélie Decoene conclut : « Ce qui apparaît comme une discussion institutionnelle renvoie en réalité à un débat plus profond sur le rôle de l’enseignement dans notre société : doit-il être au service des profits de quelques-uns ou, au contraire, au service de la population ? »

 

Service de presse de Comac

Aurélie Decoene, présidente de Comac, aureliedecoene@gmail.com, 0473/53.97.24