Stop aux bombardements : investissons dans la paix

En janvier 2016, le gouvernement néerlandais a pris la décision de bombarder la Syrie, en plus des bombardements déjà lancés en Irak. À partir du mois de juillet, la Belgique a décidé de poursuivre cette mission entreprise par les Pays-Bas. ROOD, les jeunes du SP Nederlands, ainsi que Comac, le mouvement étudiant du PTB, s’opposent à ces bombardements. Bombarder le Moyen-Orient est en effet dangereux et inefficace. Au lieu de combattre le terrorisme, nous créons un terreau fertile à l’extrémisme. En 18 mois, plus de 1300 civils sont tombés sous les bombes lancées par l’occident. Les groupements terroristes utilisent ouvertement ces bombardements pour recruter. Il est temps de trouver de véritables solutions.

Les gouvernements néerlandais et belge affirment qu’user de la violence dans une région qui a déjà sombré dans la guerre est efficace. Ils pensent notamment pouvoir vaincre l’Etat Islamique (EI) de cette façon. Les gouvernements préfèrent oublier le fait que les bombardements nourrissent les guerres et que la montée de la violence pousse d’autant plus de gens à fuir la région. La guerre en Syrie a déjà fait plus de 280 000 morts, à elle seule, et a fait fuir 11,6 millions de personnes. La guerre est une chose abominable et nous devons tout mettre en œuvre pour y mettre un terme. Cependant, déverser nos bombes occidentales sur la région barre la route à toute solution politique.

Le mouvement terroriste EI est le descendant d’Al-Qaïda en Irak, qui a combattu l’occupation américaine de l’Irak pendant des années. Avant 2003, avant que les États-Unis n’envahissent l’Irak pour de faux prétextes, Al-Qaïda n’était pas présent dans ce pays. Cependant, la minorité sunnite avait été mise sous pression dès le début de l’occupation. Le mouvement de révolte qui s’est alors organisé est à l’origine de l’EI. Pour pouvoir couper les racines qui permettent à l’EI de grandir, il faut procéder à des réformes politiques et économiques. Et pour y parvenir, il faut mettre en place en embargo complet sur les armes dans la région. Il faut en outre trouver l’origine des flux d’argent dirigés vers l’EI pour pouvoir s’attaquer aux pays qui, manifestement, soutiennent l’EI financièrement. Il faut enfin soutenir les négociations pour la paix entre le régime d’Assad et les partis de l’opposition, de même que toute tentative de cessez-le-feu de longue durée.

Ce n’est certainement pas la première fois que l’occident s’ingère dans les affaires du Moyen-Orient, et encore, c’est un euphémisme. Récemment, l’occident est intervenu dans des pays tels que l’Irak, l’Afghanistan et la Libye. En 2003, l’intervention en Irak avait été décidée en raison d’une soi-disant présence d’armes de destruction massive. Nous savons depuis que ce n’était qu’un prétexte, un mensonge, et que les intérêts pétroliers étaient une des plus grandes motivations pour cette intervention. Ces intérêts pétroliers n’ont pas disparu depuis. Le Moyen-Orient détient 40% des réserves de gaz et 50% des réserves de pétroles dans le monde. On ne peut pas dissocier cette réalité et les intérêts occidentaux de la volonté de l’occident d’intervenir dans la région. On s’aperçoit aussi que chaque intervention aggrave systématiquement la situation. L’Irak, l’Afghanistan et la Libye ne sont plus que des chants de ruines. La démocratie, la liberté ne peuvent être imposées à coups de bombes. Les gens doivent avoir leur mot à dire quand il s’agit de l’avenir de leur propre pays. Nous n’adhèrerions pas non plus aux idées d’un autre pays si celui-ci nous envoyait des troupes armées. Lorsque l’Occident bombarde ces régions, cela a pour conséquence que l’extrémisme se déplace, qu’il se répand et que le risque d’attentats en Europe augmente fortement. Ce risque est désormais une réalité et nous en avons malheureusement déjà été témoins, notamment à Paris et à Bruxelles.

En juillet, un entretien des F16 néerlandais va devoir être effectué. Les Pays-Bas vont donc devoir cesser les bombardements. Bonne nouvelle, direz-vous. Malheureusement, la Belgique va reprendre le flambeau et poursuivre les bombardements. Cette décision a été prise par le gouvernement belge sans consulter sa population ou même le parlement. Le parlement n’a en effet pu voter qu’après que le gouvernement ait annoncé que des bombardements seraient lancés. Le gouvernement prend la décision de dépenser des milliards pour mener des guerres et semer la désolation. Il investit notamment dans l’achat de nouveaux avions de guerre. Toutefois, au même moment, ce gouvernement affirme qu’il n’y a pas assez d’argent pour investir dans l’enseignement, le transport public et qu’il faut économiser sur la sécurité sociale, parce que « nous vivons au-dessus de nos moyens ». Il y a donc visiblement assez d’argent mais le gouvernement préfère l’investir dans la guerre plutôt que dans la paix.

C’est pourquoi nous, ROOD, mouvement de jeunes du SP Nederlands, et Comac, mouvement étudiant belge du PTB, appelons nos gouvernements à mettre fin aux bombardements, qu’ils cessent cette guerre sans issue et qu’ils cherchent de vraies solutions. C’est seulement de cette façon que nous permettrons aux populations de pays tels que la Syrie, l’Irak et la Libye, de mener à nouveau une vie normale. C’est pourquoi organisons une action ce jeudi 30 juin, en soirée, aux ministères de la défense à La Haye et à Bruxelles. Rendez-vous sur stopdebommen.nl ou sur chengetheworld.be et rejoignez-nous.

Merel Stoop- président de ROOD, mouvement de jeunes du SP
Charlie Le Paige – président de Comac, Mouvement de Jeunes du PTB

"il faut intervenir plus militairement en Syrie" réclament aujourd'hui plusieurs dirigeants politiques, mais est-ce la solution ? Est-ce que la guerre n'est pas plutôt une des causes du problème ? Nous avons écrit une brochure à ce sujet avec Comac, sur la nécessité d'investir dans la paix plutôt que dans la guerre, de combattre la politique belliciste de notre gouvernement et de refuser l'achat des avions de chasse. A lire ci-dessous ‪#‎pasdavionsdechasse‬"