Présentation du livre de Peter Mertens :: Le message d’espoir d’un socialiste en colère

Ce 18 décembre, dans la prestigieuse salle Roma à Borgerhout, le nouveau livre du président du PTB, Peter Mertens, a été présenté au public. Une belle soirée pleine d’humour et de combativité, mais aussi de colère contre les pratiques des grands banquiers, des spéculateurs et des millionnaires.

Dimanche soir, il fallait ajouter des chaises : malgré le mauvais temps, plus de 500 personnes sont venues assister à la présentation de Comment osent-ils?, le nouvel ouvrage de Peter Mertens. « Votre présence en nombre est le plus beau cadeau d’anniversaire pour Peter Mertens », a déclaré le modérateur Dominique Willaert (directeur artistique de Victoria Deluxe) à l’occasion des 42 bougies soufflées la veille par le président du PTB.

Outre des membres de la section anversoise du PTB venus encourager leur président, des artistes, syndicalistes, médecins, travailleurs de toutes les régions du pays avaient fait le déplacement.

Indignation partagée

Les éditions EPO avaient déjà fait lire l’ouvrage à certaines personnes du monde culturel, syndical et académique, qui se sont exprimées durant cette soirée.

Dans les commentaires, une réaction récurrente: la colère. Un sentiment qu’ils avaient tous ressenti à la lecture de Comment osent-ils ?, tout comme Peter Mertens durant son écriture : une colère à l’encontre de ce que les grands banquiers, les spéculateurs et les millionnaires peuvent et se permettent de faire. « J’étais très fâchée », a lancé l’actrice An Nelissen. Dominique Willaert a renchéri : « Ma femme a même dû me calmer. »

Dans le contenu de son opus, Peter Mertens porte une très fine analyse — étayée scientifiquement et illustrée par de nombreux exemples — sur ce qu’un des intervenants a appelé « une attaque en règle contre les droits de travailleurs ».

Syndicaliste jaloux

Comment osent-ils ? n’a cependant rien de misérabiliste, car l’espoir y côtoie la colère. « Il ne s’agit pas ici d’une longue plainte, mais d’une vraie réponse », a précisé la cinéaste Saddie Choua. Le philosophe et mathématicien Karim Zahidi a affirmé que, certes, le livre n’était pas très gai, « mais que la résistance tout au long de l’ouvrage est un message d’espoir ».

Karel Stessens, président national de la CGSP, a confié qu’il avait lu le livre « à la vitesse d’un TGV », précisant que celui-ci était un outil d’une très grande utilité sur le terrain: « Les arguments avancés permettent au militant d’enclencher la discussion avec ses collègues. »

Ferre Wyckmans, secrétaire général de la LBC, a avancé que cette lecture était un encouragement à retrousser ses manches. Et il a avoué que, pour la troisième fois, Peter Mertens l’avait rendu jaloux : « Il y a deux ans, à propos de son livre Priorités de gauche ; en septembre, avec ManiFiesta ; et, maintenant, avec Comment osent-ils?. C’est nous qui, en tant que syndicat, aurions dû en être les auteurs. »

Le pourquoi de l’indignation

Quelques notes amusantes ont également parsemé la soirée. An Nelissen a raconté l’histoire de « Swa », un natif de Borgerhout qui, chaque jour, passe devant son agence Dexia « pour voir s’ils sont toujours là ». L’humoriste Nigel Williams a ajouté que, après son passage à ManiFiesta, il n’y avait plus vraiment de doute sur l’identité du meilleur comédien stand-up du pays.

Mentionnons encore l’écrivain Dimitri Verhulst, auteur de l’excellente préface de Comment osent-ils?. Et les fantastiques musiciens qui ont agrémenté la soirée de chansons de Brel, de Wannes Van de Velde et d’autres…

Pour finir, Peter Mertens a repris la parole pour expliquer l’origine de son indignation : le chômage des jeunes, qui atteint 43% en Espagne ; les mini-jobs en Allemagne, qui forcent les gens à travailler pour 1 euro de l’heure et à accepter un travail à 100 kilomètres de leur domicile, sous peine de voir leurs allocations supprimées... « Personnellement, je ne fais que décrire la crise, mais énormément de gens, eux, en vivent quotidiennement les conséquences. »

Apparemment, les interventions ont dû être convaincantes, puisque de nombreuses personnes sont reparties avec plusieurs exemplaires sous le bras pour leurs famille, amis, collègues.

Concluons par une remarque sur le lieu : De Roma, une magnifique salle d’un ancien cinéma qui, des années durant, a été laissée à l’abandon. Jusqu’à ce qu’un voisin, ne supportant plus cette situation, a rameuté d’autres habitants du quartier pour mouiller leur chemise et redonner à la salle sa splendeur passée. Une métaphore du socialisme ?

Comment osent-ils ? La crise, l’euro et le grand hold-up, de Peter Mertens (en collaboration avec David Pestieau), paraîtra en français aux éditions Aden début 2012.